Reportage

Création de la Coalition caribéenne pour la justice sociale

06 décembre 2011

(de gauche à droite) Miguel Bustos, responsable principal des programmes, Fondation Levi Strauss ; John Hassell, conseiller principal de l'ONUSIDA en partenariats régionaux pour les Caraïbes ; Ernest Massiah, directeur de l'équipe de l'ONUSIDA d'appui aux régions pour les Caraïbes ; Maurice Tomlinson, avocat et militant de AIDS Free World ; Miriam Edwards, présidente de la Coalition des professionnel(les) du sexe du Guyana ; Edward Greene, envoyé spécial des Nations Unies pour le VIH/sida dans les Caraïbes. Photo : ONUSIDA/Daniel Volmy

L'équipe de l'ONUSIDA d'appui aux régions pour les Caraïbes a présenté la Coalition caribéenne pour la justice sociale (CCJS) lors de la Conférence caribéenne 2011 sur le VIH, qui a eu lieu aux Bahamas en novembre. Cette coalition, basée à La Barbade, regroupera les ressources et fournira des services juridiques aux personnes de la région victimes d'actes de discrimination arbitraires qui n'ont pas accès aux tribunaux.

« Les groupes les plus vulnérables de la société caribéenne n'ont souvent pas accès au système judiciaire lorsque leurs droits sont violés en raison de leur race, de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de leur état sérologique », a expliqué le Dr Ernest Massiah, directeur de l'équipe de l'ONUSIDA d'appui aux régions pour les Caraïbes. « Cette nouvelle organisation traitera les cas légitimes de violations des droits de l'homme auprès des tribunaux et des cours des droits de l'homme au niveau régional et international ».

Le Dr Edward Greene, envoyé spécial des Nations Unies pour le VIH/sida, a salué cette nouvelle coalition, en déclarant qu'il s'agissait d'une étape importante pour la région dans l'accomplissement de ses obligations en matière de protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales. « La création de la Coalition caribéenne pour la justice sociale nous permet d'espérer que nous pouvons éliminer la discrimination », a indiqué le Dr Greene.

Les groupes les plus vulnérables de la société caribéenne n'ont souvent pas accès au système judiciaire lorsque leurs droits sont violés en raison de leur race, de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de leur état sérologique

Dr Ernest Massiah, directeur de l'équipe de l'ONUSIDA d'appui aux régions pour les Caraïbes

La Conférence caribéenne sur le VIH a réuni des chercheurs, des décideurs gouvernementaux et des militants afin de discuter des moyens d'intensification de la riposte au VIH dans les Caraïbes. « Nous avons atteint le point culminant en ce qui concerne les ressources et probablement l'intérêt mondial », a expliqué Alan Whiteside, professeur au département de l'économie de la santé et de la recherche sur le VIH/sida à l'Université de KwaZulu-Natal en Afrique du Sud, lors de son intervention. Le professeur Whiteside a indiqué qu'il était urgent que les Caraïbes élargissent les méthodes de prévention efficaces et trouvent des approches performantes pour encourager les changements de comportement, notamment la baisse du nombre de partenaires sexuels, la diminution des partenaires multiples et la réduction de la consommation de drogues.

Amalia Del Riego, conseillère principale auprès du bureau caribéen sur le VIH de l'Organisation panaméricaine de la Santé, a mis en avant plusieurs réussites de la région : les progrès dans l'éradication de la transmission du VIH de la mère à l'enfant, la baisse de la mortalité et l'élargissement de l'accès au dépistage du VIH et aux services de traitement.

Malgré ces progrès, de nombreuses lacunes doivent être comblées dans la région. Mme Del Riego a souligné que dans certains pays, entre 30 et 40 % des fonds alloués à la riposte au VIH sont dépensés en frais administratifs. Les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les professionnel(le)s du sexe et les jeunes continuent de n'avoir qu'un accès limité aux services. Par ailleurs, un grand nombre des activités couvertes par la prévention du VIH ne s'accompagnent pas de résultats concrets.

Les Caraïbes continuent d'avoir l'un des taux de prévalence régionaux du VIH les plus élevés, derrière l'Afrique subsaharienne, bien que l'épidémie ait connu un ralentissement considérable depuis la fin des années 1990.

Pour apporter votre contribution ou en savoir plus sur la Coalition caribéenne pour la justice sociale, envoyez un e-mail à hassellj@unaids.org.