Reportage

« Abandonner les concepts de dépendance et de charité pour explorer de nouvelles possibilités de collaboration, d'activisme et de financement »

24 juillet 2012

Le Dr Bernhard Schwartländer, Directeur du département Réalité, Innovation et Politiques de l'ONUSIDA, s'exprimant lors d'une session plénière de la XIXe Conférence internationale sur le sida. Washington, D.C., 24 juillet 2012.
Photo : ONUSIDA/C.Kleponis

Lors de la session plénière intitulée What will it take to turn the tide? (Que faire pour renverser la situation ?), le Directeur du département Réalité, Innovation et Politiques de l'ONUSIDA, le Dr Bernhard Schwartländer, a mis en avant les nombreuses nouvelles possibilités de collaboration, d'activisme et de financement pour la riposte au sida, alors que la croissance économique provoque un changement rapide de l'ordre mondial.

Selon le Dr Schwartländer, si nous continuons avec le même niveau d'investissement que celui que nous avions jusqu'ici, sans rien changer, les dix prochaines années conduiront à une situation de stagnation et il n'y aura pas d'évolution positive dans le nombre de nouvelles infections à VIH. Toutefois, si nous nous concentrons sur les programmes qui réussissent et que nous réduisons les coûts, des progrès significatifs pourront être accomplis. Cela nécessite une certaine intensification des investissements pendant quelque temps, avec un pic à 7 milliards de dollars en plus en 2015. Cela permettra de faire baisser le nombre de nouvelles infections à VIH de plus de moitié en moins de dix ans.

« Nous devons abandonner les concepts de dépendance et de charité, ainsi que les approches et les moyens d'action habituels. Nous devons explorer de nouvelles possibilités de collaboration, d'activisme et de financement », a expliqué le Dr Schwartländer.

Appelant les pays à mettre un terme à leur dépendance envers les ressources internationales, le Dr Schwartländer a mis en avant les efforts entrepris par les pays à revenu faible ou intermédiaire pour accroître leur financement national en faveur de la lutte contre le VIH. Toutefois, plusieurs de ces pays continueront d'avoir besoin de sommes importantes issues de l'aide extérieure pendant les dix années à venir et même au-delà.

Nous devons abandonner les concepts de dépendance et de charité, ainsi que les approches et les moyens d'action habituels. Nous devons explorer de nouvelles possibilités de collaboration, d'activisme et de financement

Le Directeur du département Réalité, Innovation et Politiques de l'ONUSIDA, le Dr Bernhard Schwartländer

Lors de la session plénière, le Dr Schwartländer a présenté une vue d'ensemble de la situation financière actuelle, tout en décrivant également plusieurs méthodes de financement innovantes destinées à accroître le nombre de sources fiables de recettes gouvernementales prévisibles, comme la taxe sur les transactions financières, les investissements d'anticipation budgétaire pour la santé à travers les obligations, ou l'utilisation des amendes payées par les laboratoires pharmaceutiques en raison de pratiques anticoncurrentielles pour l'aide sanitaire.

« Soyons bien clairs, il ne s'agit pas de lever la pression sur les pays les plus riches du monde en matière de respect de leurs engagements et de leurs obligations », a expliqué le Dr Schwartländer. « N'oublions pas que malgré la crise financière mondiale, les pays de l'OCDE connaissent encore une croissance économique. Si nous nous contentons d'appliquer cette richesse croissante aux niveaux actuels de l'APD, nous pourrions obtenir chaque année d'ici 2020 50 milliards de dollars en plus des 133 milliards actuels », a-t-il ajouté.

« Pour les donateurs internationaux, ce serait le pire moment pour réduire leur financement, alors que la dynamique va dans le bon sens. Nous sommes enfin sur la voie de la durabilité et de l'équité, pour un vrai partage des responsabilités et une véritable solidarité mondiale », a-t-il conclu.

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