Compte-rendu

Consultation de l'ONUSIDA sur le VIH et les droits de l'homme des personnes LGBTI

16 mai 2014

La capacité des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transsexuelles et intersexe (LGBTI) d'éviter qu'elles soient infectées par le VIH ou de vivre de manière satisfaisante avec le virus a récemment été menacée en raison du fait que certains pays ont augmenté la criminalisation de ces populations déjà largement stigmatisées. Pour s'attaquer à cette situation urgente et explorer plus en avant des moyens concrets, l'ONUSIDA a organisé une consultation politique et stratégique informelle à Genève les 15 et 16 mai.

De manière générale, les gays et autres hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ont 13 fois plus de chance d'être infectés par le VIH et les personnes transsexuelles 19 fois plus. Par ailleurs, les résultats émanant de plusieurs projets de suivi montrent que là où il y avait criminalisation des populations LGBTI il y avait également une augmentation de la peur dans les communautés, plus de craintes que les professionnels de santé puissent les dénoncer, des cas toujours plus nombreux de gangs organisés menaçant et extorquant les personnes sur la base de leur orientation sexuelle et plus d'agressions physiques.

L'objet de la consultation était de développer des stratégies pour répondre aux différentes difficultés des droits de l'homme et de santé en relation avec le VIH auxquelles les personnes LGBTI étaient confrontées. Des interventions de gestion et de prévention de crise à court terme ont été explorées ainsi que des programmes et des politiques durables à long terme pour améliorer l'accès aux services de santé des communautés LGBTI.

Participants

Ce rassemblement international a réuni des chargés de programmes, des militants, des dirigeants religieux, des défenseurs des droits de l'homme, des donateurs et des représentants d'organisations des Nations Unies de pays et régions du monde entier, y compris des Caraïbes, d'Inde, du Kenya, du Nigéria, de la Fédération russe, de Suisse, d'Ouganda, des États-Unis d'Amérique et de Zambie.

Principaux résultats

  • Les participants ont qualifié le statut social, légal, de santé et de sécurité des personnes LGBTI comme une crise mondiale qui exige des solutions mondiales tout en prenant en compte les possibilités nationales, culturelles et sociales ainsi que les difficultés.
  • Les participants en appellent à l'ONUSIDA pour aider à lutter contre les tabous largement répandus et les fausses idées qui conduisent à des approches punitives et à la stigmatisation.
  • Les participants ont également demandé à l'ONUSIDA de s'exprimer contre la discrimination dans les communautés et les services de santé qui est un obstacle majeur pour que les personnes aient accès aux services anti-VIH.
  • Il y a une nécessité de construire de larges coalitions, tout particulièrement au niveau des pays, dans les groupes confessionnels, universitaires, les réseaux de femmes et autres défenseurs des droits de l'homme contre la marginalisation et l'exclusion en raison de la race, de l'ethnie, de la religion, etc.
  • Il y a un besoin de liens et de plus de soutiens avec les institutions régionales, y compris la Commission africaine des droits de l'homme et des personnes ainsi que la Commission interaméricaine des droits de l'homme, travaillant sur les questions de santé et des droits LGBTI.

Déclarations

« Identifié comme gay en Inde, une récente décision de la Cour suprême a criminalisé mon existence. Cela réduit à néant une riposte durable au VIH chez les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes et les populations transgenre. »

Pallav Patankar, Humsafer Trust

Déclarations

« Nous travaillons contre une culture de la violence et d'inégalité profonde et difficile. »

Carolyn Gomes, Caribbean Vulnerable Communities Coalition