Communiqué de presse

L’Union africaine adopte une nouvelle feuille de route afin d’accélérer les progrès des ripostes au VIH, à la tuberculose et au paludisme

L’UA et l’Agence du NEPAD prennent l’initiative de la transformation de la physionomie des ripostes sanitaires en Afrique

Addis Abeba, le 16 juillet 2012 — Une feuille de route adoptée aujourd’hui par les chefs d’État et de gouvernement africains trace une nouvelle voie pour les ripostes du continent au sida, à la tuberculose et au paludisme. Élaborée par la Commission de l’Union africaine et l’Agence de planification et de coordination du NEPAD (Agence du NEPAD), avec l’appui de l’ONUSIDA, la Feuille de route sur la responsabilité partagée et la solidarité mondiale a été approuvée lors du 19ème Sommet de l’Union africaine qui s’est tenu à Addis Abeba, en Éthiopie.

« Cette Feuille de route constitue une avancée majeure pour nos ripostes au sida, à la tuberculose et au paludisme », a déclaré le docteur Thomas Yayi Boni, Président de l’Union africaine et Président du Bénin. « Elle nous permettra de mettre en œuvre des solutions initiées par l’Afrique reflétant le dynamisme et le potentiel de notre continent, en produisant des produits pharmaceutiques localement, par exemple. Ensemble, nous investirons dans l’avenir. »

S’articulant autour de trois piliers stratégiques — la gouvernance en matière de santé, des financements diversifiés et l’accès aux médicament — la Feuille de route propose un ensemble de solutions concrètes d’origine africaine pour renforcer des ripostes pérennes au sida, à la tuberculose et au paludisme. Elle définit les objectifs, les résultats attendus, les rôles et les responsabilités afin de responsabiliser les parties prenantes vis-à-vis de leurs engagements, et ce sur une période de trois ans, d’ici à 2015.

« Cette Feuille de route sera un moteur pour les solutions d’origine africaine », a déclaré le docteur Ibrahim Mayaki, Secrétaire exécutif de l’Agence du NEPAD. « Ensemble, nous devons soutenir les dirigeants africains afin qu’ils la mettent en œuvre ; cela implique de nouveaux partenariats, de nouveaux dispositifs de financement et de nouvelles approches pour renforcer des institutions africaines pérennes. »

Gouvernance en matière de santé

La Feuille de route met l’accent sur l’importance de cadres politiques, de supervision et de responsabilisation solides pour les investissements dans la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. L’Observatoire du sida en Afrique, une initiative africaine de plaidoyer et de responsabilisation, jouera un rôle essentiel pour mesurer les progrès et responsabiliser les parties prenantes nationales, régionales, continentales et internationales vis-vis de leurs engagements pour combattre ces trois maladies.

« La vision de responsabilité partagée et de solidarité mondiale de l’Observatoire du sida en Afrique se démarque radicalement des approches traditionnelles », a commenté Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA. « J’appelle tous les dirigeants africains à appliquer sans délai la Feuille de route et tous les partenaires du développement à se ranger derrière eux dans un esprit de solidarité et de responsabilisation mutuelle. »

Financements diversifiés

D’après les estimations de l’ONUSIDA, la riposte au sida de l’Afrique nécessitera un budget de 11 à 12 milliards de dollars des États-Unis en 2015, et le déficit de financement devrait atteindre 3 à 4 milliards de dollars. De même, les ressources disponibles pour les ripostes à la tuberculose et au paludisme du continent sont loin d’être suffisantes face aux besoins.

La Feuille de route appelle les gouvernements africains et les partenaires du développement à combler ensemble ce déficit de financement, en investissant leur « juste part » en fonction de leurs capacités et de leurs engagements antérieurs. Les pays sont encouragés à élaborer des plans nationaux viables financièrement, avec des objectifs clairs. Les partenaires du développement sont invités à fournir des ressources prévisibles, sur le long terme, et à aligner leurs engagements sur les priorités africaines.

« Une mobilisation des fonds et un décaissement efficaces sont indispensables à notre riposte », a indiqué M. Idriss Déby Itno, Président de la République du Tchad. « Chaque chef d’État devrait s’approprier cette Feuille de route. Nous devons la considérer comme une occasion de changer d’approche, non seulement à l’égard du sida mais aussi pour le développement de notre continent. »

Accès aux médicaments

De nombreux pays africains dépendent de sources extérieures pour les traitements indispensables à la survie de leurs populations. Dans le cas du sida, plus de 80 % des médicaments contre le VIH délivrés en Afrique sont importés ; une grande majorité de ces médicaments qui maintiennent les Africains en vie sont financés par l’aide extérieure.

La Feuille de route définit un ensemble d’actions prioritaires en vue d’accélérer l’accès à des médicaments à un prix abordable et de qualité garantie en Afrique. Il s’agit notamment de renforcer les systèmes de réglementation des médicaments en Afrique, de s’assurer qu’en matière de santé, les pays africains acquièrent les technologies et les produits essentiels grâce à la coopération Sud-Sud, et de lever les obstacles commerciaux pour permettre l’émergence en Afrique de centres de fabrication de produits pharmaceutiques capables de desservir les marchés régionaux.

Le Président de l’UA préconise l’organisation d’une manifestation parallèle sur le sida et la responsabilité partagée

Pendant le Sommet de l’Union africaine, le docteur Yayi Boni a appelé les dirigeants africains à organiser une manifestation parallèle de haut niveau axée sur le sida et la responsabilité partagée, à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations Unies de septembre 2012. Il estime que cette manifestation offrirait une occasion unique de présenter la Feuille de route à la communauté internationale.