Communiqué de presse

La Commission de l'ONUSIDA et du Lancet étudie les défis stratégiques pour l'avenir de la riposte au sida et de la santé mondiale

Les membres de la Commission concluent que la lutte contre l'épidémie de sida et la défense de la santé et des droits constituent les piliers non-négociables du programme de développement post-2015

Lilongwe/Genève, 1er juillet 2013—La première réunion de la Commission ONUSIDA/Lancet « Du sida vers une santé durable », qui s'est déroulée du 28 au 29 juin 2013 à Lilongwe, au Malawi, s'est penchée sur les défis stratégiques associés à l'avenir de la riposte au sida et de la santé mondiale.

Trois principales questions ont été abordées au cours de ces deux jours : la nécessité de maîtriser les mouvements des flux de ressources dédiées à la santé aux niveaux mondial et national ; le commerce, l'innovation et la sécurité des produits ; et la démocratisation de la santé mondiale.

« J'appelle les autres dirigeants, en Afrique et dans le monde, à unir leurs efforts et à travailler ensemble afin que nous puissions atteindre notre objectif et passer du sida à une santé durable » a déclaré Joyce Banda, présidente du Malawi et co-présidente de la Commission.

La réunion a rassemblé des dirigeants, intellectuels et militants parmi les plus éminents dans le but d'identifier les enseignements tirés de la riposte au sida, afin de préparer l'avenir de la santé et du développement dans le monde, et de s'assurer que le sida reste une priorité majeure dans le programme post-2015.

« Je vois deux opportunités essentielles : tout d'abord galvaniser l'engagement politique et moral, notamment des pays riches, afin de faire tomber les barrières commerciales mondiales qui entravent la production de génériques, et lier le mouvement de lutte contre le sida aux efforts déployés pour éradiquer la faim et la pauvreté » a commenté l'ancien président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva. « Je souhaite que la Commission s'inspire des enseignements que nous avons tirés au Brésil, en saisissant ces opportunités ».

La riposte au sida a constitué une force motrice en développant l'accès à des médicaments abordables dont la qualité est garantie. Les membres de la Commission ont reconnu le caractère essentiel de la diminution des prix des médicaments contre le sida et de la production de versions génériques moins chères, pour faire progresser la santé dans les pays à faibles et moyens revenus. Ils ont également souligné la nécessité d'encourager l'innovation dans la production et l'offre de médicaments.

« Nous devons réfléchir et agir avec détermination afin que la santé soit un droit pour chacun », a confié Madame Sylvia Bongo Ondimba, Première dame du Gabon.

« Nous devons être considérés comme la génération qui a tout fait pour que ses descendants ne connaissent ni l'angoisse ni la stigmatisation liées au sida », a déclaré la Première dame du Rwanda, Jeanette Kagame.

La solidarité, la participation, l'égalité et le soutien durable ont transformé la riposte au sida en un mouvement mondial en faveur de l'accès universel au traitement contre le VIH. La riposte au sida a également attiré l'attention sur des questions sociales et juridiques, notamment la sexualité, l'inégalité des sexes, la violence envers les femmes, la consommation de drogues, le recours au droit pénal et l'utilisation abusive des lois.

« Afin de soutenir et d'amplifier les progrès réalisés dans le cadre de la riposte au sida, il sera nécessaire de repenser la mise en œuvre et d'élaborer de nouvelles stratégies politiques, de combattre la passivité et d'assurer des investissements continus dans la recherche et l'innovation », explique le Dr. Peter Piot, directeur de l'École d'hygiène et de médecine tropicale de Londres et co-président de la Commission.

Helen Clark, administratrice du PNUD, a assuré que la Commission de l'ONUSIDA et du Lancet jouera un rôle prépondérant pour entretenir le débat autour des objectifs de développement au-delà de 2015.

Les membres de la Commission ont souligné que l'architecture actuelle de la santé mondiale devait s'adapter à l'évolution du monde. Ils ont insisté sur la nécessité de constituer un groupe d'intérêt informé et responsabilisé ainsi que sur l'importance d'une demande de services qui soit locale. Ils ont également reconnu la nécessité de faire tomber les barrières sociales et juridiques à la santé, d'éliminer la discrimination, et de garantir des systèmes inclusifs pour la définition des priorités et la responsabilité.

« La Commission ONUSIDA/Lancet peut jouer un rôle essentiel au cours des six prochains mois, en élaborant une stratégie de haut niveau accompagnée de recommandations concrètes » a affirmé M. Andrew Witty, PDG de GlaxoSmithKline. « En fin de compte, pour pouvoir réellement faire un grand pas vers l'élimination du VIH, il s'agit d'aider les professionnels de la santé travaillant sur le terrain, les membres des communautés et les personnes exposées à des risques élevées, à accéder à une meilleure situation ».

Les membres de la Commission ont également étudié le besoin de répartir les opportunités à travers les droits de l'homme, l'égalité des sexes et une focalisation sur la jeunesse.

« Les jeunes vivant avec le VIH aujourd'hui doivent jouer un rôle actif dans la définition et la mise en œuvre de la politique mondiale visant à construire un avenir dynamique, durable et affranchi du sida » soutient Cristina Jade Peña, ambassadrice de la Fondation Elizabeth Glaser pour la lutte contre le sida pédiatrique.

Les membres de la Commission ont convenu qu'il était essentiel de saisir l'opportunité de protéger et d'accélérer les progrès visant à éradiquer l'épidémie de sida et qu'il était temps d'entrer dans une nouvelle ère de justice sociale, de santé et de développement durable.

« Les idées originales et audacieuses débattues par ces dirigeants mondiaux d'exception permettent au monde d'espérer vaincre l'épidémie de sida et contribuer à la santé mondiale », assure Michel Sidibé, directeur exécutif de l'ONUSIDA. « Les membres de la Commission ont planifié les étapes concrètes permettant de garantir que le sida et la santé mondiale demeurent au cœur du programme post-2015 ».

La prochaine réunion de la Commission ONUSIDA/Lancet « Du sida vers une santé durable » se tiendra en 2014 au Brésil et sera hébergée par l'ancien président du pays et membre de la Commission ONUSIDA/Lancet Luiz Inacio Lula da Silva.

Commission ONUSIDA/Lancet « Du sida vers une santé durable »

La Commission ONUSIDA/Lancet « Du sida vers une santé durable » a été lancée en mai 2013 ; elle est co-présidée par la présidente Joyce Banda, la présidente Nkosazana Dlamini Zuma et le professeur Peter Piot. La Commission réunit des chefs d'État, des décideurs politiques, des personnes vivant avec le VIH, des experts en développement, des jeunes et des dirigeants du secteur privé et s'appuie sur la première expérience de la riposte au sida dans le monde. La Commission vise à catalyser les compétences et l'élan politique afin d'orienter le débat sur l'avenir de la santé dans le programme de développement post-2015, et d'accélérer les progrès vers l'éradication du sida.

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