Communiqué de presse

Des investissements continus dans la recherche sur la prévention du VIH peuvent accélérer le développement de nouveaux moyens qui contribueront à éliminer l'épidémie de sida

Le nouveau rapport mondial publié lors de la conférence IAS 2013 met l'accent sur les tendances en matière de financement, les opportunités et les défis pour la R&D sur la prévention du VIH

Kuala Lumpur (30 juin 2013) – Les nouvelles avancées de la recherche sur la prévention du VIH ont confirmé l'apparition de nouveaux moyens de prévention pour contribuer à éliminer l'épidémie de sida et ont souligné la nécessité urgente de mener une recherche continue pour développer des moyens de prévention supplémentaires et soutenir le déploiement rapide des moyens éprouvés. Cependant, la poursuite des progrès nécessite davantage de bailleurs de fonds engagés dans un soutien durable, selon le nouveau rapport intitulé De la recherche à la réalité : investir dans la recherche sur la prévention du VIH dans un contexte difficile, publié aujourd'hui à l'occasion de la 7e conférence IAS, organisée à Kuala Lumpur, sur la pathogenèse, le traitement et la prévention du VIH (IAS 2013).

Les progrès réguliers réalisés dans la recherche et le développement en matière de vaccins contre le VIH, de prophylaxie pré-exposition au moyen de médicaments antirétroviraux (PrEP) et de traitement comme méthode de prévention ont confirmé le rôle crucial que la science doit jouer pour trouver des solutions afin d'éliminer l'épidémie de sida ; pourtant, le neuvième rapport annuel du HIV Vaccines and Microbicides Resource Tracking Working Group (Groupe de travail sur la recherche de vaccins et de microbicides) indique que le financement s'est globalement stabilisé.

En 2012, les bailleurs de fonds ont investi un total de 1,31 milliard de dollars US dans la R&D pour six domaines clés de la prévention : les vaccins préventifs contre le VIH, les microbicides, la PrEP (prophylaxie pré-exposition) au moyen de médicaments antirétroviraux, le traitement comme méthode de prévention, la recherche opérationnelle associée à la circoncision masculine médicale volontaire et la prévention de la transmission verticale. Cela représente une augmentation de six pour cent par rapport au financement de 2011. Cependant, une part significative de cette augmentation est probablement due à l'amélioration du reporting par un certain nombre de bailleurs de fonds.

« La science a un rôle crucial à jouer dans l'élimination de l'épidémie de sida, assure Luiz Loures, directeur exécutif adjoint chargé du programme à l'ONUSIDA. « Les retours sur investissements potentiels sont extrêmement importants et j'encourage fortement les bailleurs de fonds à considérer les investissements dans la recherche et le développement comme une priorité essentielle ».

Ce rapport intervient alors que de nouvelles directives de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sont en cours de publication, pour contribuer à déterminer quand démarrer une thérapie antirétrovirale (ART) pour le traitement du VIH. Ces nouvelles directives reconnaissent les récentes avancées réalisées par la R&D en matière de prévention du VIH et aideront les pays à optimiser l'impact de la thérapie antirétrovirale en ce qui concerne le maintien en vie des personnes et la prévention des nouvelles infections. Il est trop tôt pour définir de quelles ressources complémentaires auront besoin les pays et les programmes pour adopter les nouvelles directives de l'OMS et déployer avec efficacité ces moyens de prévention éprouvés. Cela représente une opportunité d'investissement pour les pays durement touchés par le VIH, notamment les économies émergentes.

Selon le rapport, les États-Unis continuent de représenter le bailleur de fonds du secteur public le plus important pour la recherche sur la prévention du VIH, avec un total de 925 millions de dollars US dépensés en 2012, soit 70 % du montant total investi dans la R&D pour la prévention du VIH. Cela souligne la nécessité d'encourager des engagements plus ambitieux auprès de nouveaux partenaires mondiaux.

« Comme le précise le rapport, le domaine du vaccin contre le VIH a été le principal catalyseur de partenariats innovants dans les secteurs public, privé, philanthrope et universitaire. De tels partenariats peuvent contribuer à intégrer de nouveaux bailleurs de fonds et aider à améliorer le partage d'informations et la collaboration, ce qui est nécessaire lorsque nous abordons des questions essentielles en suspens en matière d'immunologie, à mesure que nous progressons pour développer de nouveaux moyens de prévention encore plus efficaces », déclare Margaret McGlynn, présidente et PDG de l'Initiative internationale pour le vaccin contre le sida (IAVI).

Pour la première fois cette année, le rapport comprend l'investissement crucial qu'ont réalisé les participants aux essais cliniques sur la prévention du VIH. En 2012, il y a eu 99 931 participants aux essais menés dans le cadre de la recherche sur la prévention du VIH, principalement sur des sites fortement touchés par le VIH en Afrique du Sud, en Ouganda et aux États-Unis. À mesure que de nouveaux essais d'efficacité sont planifiés, des dizaines de milliers de femmes et d'hommes supplémentaires, issus des communautés les plus durement touchées par le VIH, prendront du temps sur leurs vies quotidiennes pour participer aux essais cliniques et contribuer à éliminer l'épidémie, ce qui représente un investissement continu significatif dans la R&D sur la prévention.

Suite aux avancées scientifiques de 2011, grâce auxquelles la recherche scientifique sur les vaccins préventifs contre le VIH, la PrEP et le traitement comme méthode de prévention ont rapidement et largement progressé, l'année 2012 a été principalement marquée par une recherche de suivi, afin de confirmer les résultats des études réalisées par le passé, à progresser grâce à de nouvelles recherches cliniques et à déployer de nouvelles méthodes de prévention ayant fait leurs preuves. Bien que 2012 ait généré des progrès constants, cette année a également apporté des résultats qui ont à la fois mis à mal la résilience du domaine de la recherche sur la prévention du VIH et soulevé de nouvelle questions auxquelles ce domaine est contraint de répondre.

  • De nouvelles données issues de l'essai sur le vaccin RV144 en Thaïlande ont apporté d'autres indications sur le fonctionnement du vaccin et ont contribué à ouvrir la voie pour le démarrage en 2016 d'une série d'essais en Thaïlande et en Afrique du Sud. En même temps, les chercheurs sont en train de développer d'autres vaccins potentiels et d'en apprendre davantage sur la neutralisation générale des anticorps, qui pourrait constituer la base de futures essais cliniques.
  • L'année 2012 a été fortement axée sur un déploiement accéléré de la circoncision masculine adulte afin de générer un impact maximum pour la prévention. Les financements de la R&D et de la recherche opérationnelle ont augmenté, particulièrement en faveur de la recherche qui permettrait de mieux gérer l'offre et la demande et améliorerait la connaissance des nouvelles contraintes.
  • La planification de projets de démonstration de la PrEP par voie orale en prise quotidienne chez certaines catégories de population a progressé en 2012, suite à l'approbation de la FDA (agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) pour la prise orale quotidienne du TDF/FTC de Gilead Science Inc. en tant que PrEP et aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière d'essais cliniques pour la démonstration de la PrEP.
  • Des essais à grande échelle de traitements comme méthodes de prévention sont actuellement en cours dans plus de 40 pays dans le monde, soulignant l’engagement mondial à étudier le potentiel de cette intervention. En même temps, les organismes de mise en œuvre et les agences normatives poursuivent leurs efforts pour ajouter le traitement comme méthode de prévention dans les programmes de prévention du VIH et les stratégies nationales.
  • Suite aux résultats peu concluants de l'étude VOICE (MTN 003) qui testait le ténofovir par voie orale en prise quotidienne, le TDF/FTC par voie orale en prise quotidienne et le gel ténofovir 1 % en utilisation quotidienne, les données de cet essai sont en cours d'étude et les résultats préliminaires suggèrent que le nombre de femmes participant à cette étude, qui auraient observé les prescriptions, était insuffisant pour permettre l'évaluation de l’efficacité des produits à l’étude. L'étude FACTS en cours sur le gel ténofovir 1 % et les essais sur un anneau microbicide souhaitent intégrer les enseignements tirés de l'étude VOICE et cherchent à comprendre et à soutenir l'observance des participants.

« Il est de plus en plus reconnu que nous pouvons commencer à mettre fin à l'épidémie de sida si nous développons les bons outils », déclare Mitchell Warren, directeur exécutif d'AVAC. « Mais nous ne pourrons pas générer un impact durable sur le cycle des nouvelles infections sans déployer intensément les nouveaux moyens de prévention comme la circoncision masculine médicale volontaire, la PrEP, le traitement comme méthode de prévention, les microbicides et enfin les vaccins. Nous avons besoin de financements durables et flexibles afin de pouvoir offrir avec efficacité ce qui fonctionne de façon sûre, montrer comment déployer les moyens de prévention et en développer de nouveaux ».

Ce rapport est accessible en ligne sur : www.hivresourcetracking.org.

Ce projet a été soutenu financièrement par : Le Plaidoyer mondial pour la prévention du VIH (AVAC), l'Initiative internationale pour le vaccin contre le sida (IAVI) et le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA). Un soutien financier a également été apporté les années précédentes par l'Alliance pour le développement de microbicides (AMD) et le Partenariat International pour les microbicides (IPM).

ONUSIDA

Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) guide et mobilise la communauté internationale en vue de concrétiser sa vision commune : « Zéro nouvelle infection à VIH. Zéro discrimination. Zéro décès lié au sida. » L’ONUSIDA conjugue les efforts de 11 institutions des Nations Unies – le HCR, l’UNICEF, le PAM, le PNUD, l’UNFPA, l’UNODC, ONU Femmes, l’OIT, l’UNESCO, l’OMS et la Banque mondiale. Il collabore étroitement avec des partenaires mondiaux et nationaux pour que la riposte au sida donne les meilleurs résultats possibles. Pour en savoir plus, consultez le site unaids.org, et suivez nous sur Facebook et Twitter.

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