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Le réseau ouest-africain de jeunes vivant avec le VIH se heurte à d'importants obstacles
22 juin 2026
22 juin 2026 22 juin 2026Il y a trois ans, Adjovi Husunukpe a cofondé le Réseau des jeunes séropositifs d'Afrique de l'Ouest et du Centre (RAJ+AOC) afin de tisser des liens avec ses pairs et de renforcer le plaidoyer porté par les jeunes dans la lutte contre le VIH. « Nous voulions être entendus, au niveau national et international, d'une seule voix », a-t-elle déclaré.
Ce réseau, reconnu pour la qualité de sa sensibilisation communautaire et de son orientation vers les soins, compte aujourd'hui près de 500 membres dans 14 pays, mais se trouve confronté à de récents obstacles.
« Nous sommes tous bénévoles et vivons dans une situation financière précaire, ce qui rend difficile de nous projeter en tant qu'individus et en tant qu'organisation », a confié Mme Husunukpe, originaire du Togo.
L'année 2025 a été marquée par une forte baisse des financements, qui a particulièrement touché les organisations à portée communautaire. Pour RAJ+AOC, cela a eu plusieurs conséquences. Le réseau doit désormais rivaliser avec d'autres organisations non gouvernementales (ONG) pour obtenir un soutien financier, sans pour autant être traité sur un pied d'égalité.
« On nous répète sans cesse que nous manquons de légitimité parce que nous sommes jeunes, ce qui est injuste et faux », a-t-elle dit.
À cela s'ajoute, selon elle, la quasi-disparition des programmes de prévention du VIH et des initiatives spécialement conçues pour les jeunes, pourtant acquises de haute lutte. Le rapport mondial sur le sida de juin 2025 de l'ONUSIDA indique que les organisations à portée communautaire sont souvent les dernières à bénéficier des ressources nationales et ont donc été parmi les premières à subir les effets des coupes dans les financements internationaux de 2025.
Ses inquiétudes sont également alimentées par la perte du soutien technique de l'ONUSIDA, dont les bureaux nationaux fusionnent dans la région.
« On nous répète sans cesse que nous représentons 60 % de la population du continent africain, mais notre pérennité est en jeu », a déclaré Mme Husunukpe.
Née avec le VIH et ayant perdu ses parents à un jeune âge, cette jeune femme de 27 ans affirme que le vécu personnel devrait être reconnu comme une forme d'expertise. Elle et d'autres jeunes leaders appellent à une intégration réelle des organisations dirigées par des jeunes dans les espaces de politique de santé et de prise de décision.
« On nous invite à prendre la parole, mais on nous exclut rarement de la rédaction des recommandations et de l'élaboration des décisions », a déclaré cette étudiante en sociologie. « Permettez-nous de co-diriger des initiatives qui répondent à nos besoins réels. »
Ange-Valérie Meralli-Ballou, conseillère régionale de l'ONUSIDA en matière de VIH et de santé publique, basée à Dakar, souligne que les données sont sans appel. En 2025, 160 000 adolescentes et jeunes femmes ont contracté le VIH en Afrique subsaharienne. Par ailleurs, 35 % de l'ensemble des infections à VIH chez l'enfant surviennent désormais en Afrique occidentale et centrale. La plupart de ces infections sont attribuables à un accès limité aux services intégrés de santé sexuelle et reproductive pour les jeunes et les femmes enceintes. « Nous ne pouvons pas continuer à exclure la majorité de la population et espérer des résultats », a-t-elle déclaré.
Selon elle, les ONG dirigées par des jeunes sont non seulement disposées, mais aussi structurellement en mesure de s'intégrer aux systèmes de santé, à condition de disposer des moyens financiers et des pouvoirs décisionnels nécessaires.
La Stratégie mondiale sur le sida 2026-2031 appelle à promouvoir la création et l'intégration de centres de santé communautaires, gérés par des acteurs locaux et des organisations communautaires dans la région. Elle encourage également fortement les pays à mener des campagnes de communication utilisant les réseaux sociaux pour sensibiliser au VIH.
Désignant de la main les jeunes rassemblés sur un escalier, Mme Meralli-Ballou a conclu : « Cette stratégie est un outil politique — une feuille de route, si vous préférez — alors utilisons-la pour mobiliser des ressources, maintenir l'engagement et le pouvoir d'agir des jeunes, et construire cet avenir dès maintenant. »
