Déclaration à la presse

L’ONUSIDA regrette profondément la décision de la Haute Cour du Kenya de maintenir des lois qui criminalisent et créent de la discrimination à l’égard des personnes LGBT

 

GENÈVE, 24 mai 2019 — L’ONUSIDA déplore la décision prise par la Haute Cour du Kenya de maintenir les principales dispositions des sections 162 et 165 du Code pénal kenyan. Ces dispositions criminalisent certains actes sexuels privés et conduisent à la discrimination et la violence envers les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT) au Kenya.

« La décision rendue aujourd’hui est une occasion ratée pour le Kenya de défendre les droits de l’homme et de rétablir le droit à la vie privée, le respect et la dignité des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT) », a déclaré Gunilla Carlsson, Directrice exécutive de l’ONUSIDA par intérim. « Je partage la déception et la frustration ressenties par la communauté LGBT au Kenya et je souhaite les assurer de la poursuite du soutien de l’ONUSIDA pour obtenir la justice et l’égalité pour tous ».

L’ONUSIDA a œuvré en collaboration avec la Coalition nationale pour les droits des personnes gays et lesbiennes et d’autres groupes LGBT, ainsi qu’avec des organisations de la société civile et d’autres partenaires afin de promouvoir un environnement juridique propice au Kenya.

Certains signes laissent penser qu’il va être fait appel de cette décision.

La criminalisation des relations entre personnes consentantes de même sexe est une violation des droits de l’homme et légitime la stigmatisation, la discrimination et les actes de violence à l’encontre des personnes LGBT. Elle empêche ces personnes d’accéder et de recourir aux services de prévention, de dépistage et de traitement du VIH et accroît leur risque de contracter le VIH.

« L’échec de la dépénalisation des relations entre personnes consentantes de même sexe va compromettre le but fixé par le Kenya de mettre en place une couverture santé universelle », a ajouté Mme Carlsson.

À l’échelle mondiale, le risque de contracter le VIH est 28 fois supérieur à celui de la population générale pour les hommes gays et les autres hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, et 13 fois supérieur pour les femmes transgenres. Des environnements juridiques et politiques prohibitifs et le manque de services adaptés aux populations clés accroissent leur vulnérabilité au VIH. L’ONUSIDA appelle les pays à garantir le respect des droits humains de tous les individus, quelle que soit leur orientation sexuelle, par le rejet des lois interdisant les relations sexuelles entre adultes consentants en privé, la mise en exécution de lois pour protéger ces personnes contre la violence et la discrimination, la lutte contre l’homophobie et la transphobie et la mise à disposition des services de santé les plus essentiels.

« Dans le monde entier, nous devons tendre vers une approche plus humaine, bienveillante et fondée sur les droits à l’égard des relations entre personnes de même sexe. Cette décision conforte des lois injustes qui criminalisent les relations entre personnes de même sexe et bloque l’accès de ces personnes à des services essentiels, notamment en matière de santé », a déclaré Mme Carlsson.

ONUSIDA

Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) guide et mobilise la communauté internationale en vue de concrétiser sa vision commune : « Zéro nouvelle infection à VIH. Zéro discrimination. Zéro décès lié au sida. » L’ONUSIDA conjugue les efforts de 11 institutions des Nations Unies – le HCR, l’UNICEF, le PAM, le PNUD, l’UNFPA, l’UNODC, ONU Femmes, l’OIT, l’UNESCO, l’OMS et la Banque mondiale. Il collabore étroitement avec des partenaires mondiaux et nationaux pour mettre un terme à l’épidémie de sida à l’horizon 2030 dans le cadre des Objectifs de développement durable. Pour en savoir plus, consultez le site unaids.org, et suivez-nous sur Facebook, Twitter, Instagram et YouTube.

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