Press Statement
La Réunion de haut niveau des Nations Unies sur le VIH/SIDA s'achève avec un soutien fort en faveur d'une déclaration politique ambitieuse visant à mettre fin au SIDA en tant que menace pour la santé publique d'ici 2030
24 juin 2026 24 juin 2026NEW YORK/GENÈVE, 23 juin 2026 — À un moment où la coopération internationale fait face à des pressions croissantes et à des obstacles, la Réunion de haut niveau des Nations Unies sur le VIH/SIDA s'est conclue aujourd'hui avec l'adoption, par une large majorité d'États membres, d'une nouvelle Déclaration politique sur le VIH et le SIDA, soutenue avec force. La déclaration réaffirme l'engagement mondial à mettre fin au SIDA en tant que menace pour la santé publique d'ici 2030 et fixe de nouveaux objectifs spécifiques et importants.
Ce résultat fait suite à plusieurs semaines de négociations avec l'ensemble des États membres et à une concertation avec les communautés, la société civile et les partenaires. Il démontre que, même dans un contexte marqué par la réduction des financements internationaux et du multilatéralisme, les pays continuent de reconnaître l'urgence de maintenir les progrès accomplis dans la lutte contre le VIH.
La déclaration servira de feuille de route importante pour faire avancer davantage la réponse mondiale au VIH au cours des cinq prochaines années, en guidant les efforts mondiaux visant à accélérer les progrès supplémentaires malgré la diminution des financements pour le VIH et les vents contraires anti-droits. Notamment, la déclaration politique de 2026 reflète les objectifs ambitieux contenus dans la nouvelle Stratégie mondiale contre le SIDA 2026-2031 et s'est engagée à convoquer une Réunion de haut niveau en 2031 pour examiner les progrès accomplis dans la lutte contre la pandémie après l'étape de 2030.
Définissant un programme pour faire évoluer la réponse mondiale au SIDA face à une pandémie en mutation, elle comprend des objectifs et des engagements nouveaux et ambitieux visant à accroître la couverture équitable des tests de dépistage, du traitement et de la prévention du VIH ; à combler les lacunes de financement ; à protéger les droits humains et l'équité de genre ; à élargir l'accès aux médicaments contre le VIH et aux autres technologies par le partage des technologies et le renforcement de la production locale pour une durabilité accrue ; et à élargir l'espace accordé aux communautés et à la société civile dans la réponse au SIDA.
« Cette Déclaration politique a envoyé un message clair : le VIH reste l'un des défis majeurs de notre époque en matière de santé et de développement, et le monde ne peut se permettre aucune complaisance. Nous quittons New York avec un engagement politique renouvelé et une compréhension commune que des progrès sont possibles lorsque les pays prennent les rênes, que les communautés sont autonomisées et que la solidarité est maintenue. L'Afrique du Sud reste fermement engagée à mettre fin au SIDA en tant que menace pour la santé publique et à veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte dans la prochaine phase de la réponse », a déclaré le Dr Aaron Motsoaledi, Ministre de la Santé d'Afrique du Sud.
Javier Padilla, Secrétaire d'État espagnol à la Santé, a déclaré : « C'est une évolution positive à un moment où la coopération multilatérale est mise à l'épreuve. Les pays ont envoyé un signal important. Malgré les divergences et un contexte politique plus complexe, il existe toujours un soutien fort pour maintenir les progrès et accélérer l'action afin de mettre fin au SIDA. »
« Ce résultat montre que même dans un environnement mondial très difficile, les pays restent attachés à l'action collective pour répondre à la pandémie du SIDA. Le défi consiste maintenant à maintenir les investissements, à renforcer les partenariats et à obtenir des résultats pour les populations », a déclaré Madalitso Baloyi, Ministre de la Santé du Malawi.
La Réunion de haut niveau sur le VIH/SIDA a été convoquée par la Présidente de l'Assemblée générale, Annalena Baerbock, avec les co-facilitateurs — l'Ambassadeur David Masole, Représentant permanent de la République du Botswana, et l'Ambassadeur David Bakradze, Représentant permanent de la Géorgie — qui ont dirigé les négociations sur la déclaration politique.
« Le fait qu'un si grand nombre d'États membres aient voté en faveur de cette déclaration politique en ce moment témoigne de la reconnaissance que nos progrès méritent d'être protégés et qu'il existe une volonté de maintenir les actions nécessaires pour atteindre l'objectif de 2030 », a déclaré Winnie Byanyima, Directrice exécutive de l'ONUSIDA.
« Le fort soutien exprimé en faveur de cette Déclaration politique sur le VIH reflète notre reconnaissance commune des progrès accomplis à ce jour, tout en reconnaissant que des défis importants subsistent », a déclaré Mariangela Simao, Secrétaire à la Santé et à la Surveillance environnementale du Brésil au Ministère de la Santé.
La Réunion de haut niveau a rassemblé des personnes vivant avec le VIH, des communautés, la société civile, le secteur privé, des scientifiques et des dirigeants pour réfléchir aux progrès accomplis dans la réponse au SIDA, aux risques pesant sur leur maintien et aux priorités pour les cinq prochaines années.
Les États membres ont souligné que la mobilisation des ressources nationales et la solidarité internationale doivent se renforcer mutuellement plutôt que de se substituer l'une à l'autre, et ont insisté sur le fait que les transitions de financement doivent soutenir des réponses nationales durables.
Les délégués ont mis en avant les opportunités créées par l'intégration et l'innovation, ainsi que l'importance de garantir un accès équitable aux nouvelles approches de prévention et de traitement.
L'importance du leadership communautaire a été soulignée tout au long des discussions et dans la déclaration elle-même. La conviction a également été réaffirmée que les communautés continuent de jouer un rôle indispensable dans la prestation de services, la responsabilisation et l'atteinte des personnes laissées pour compte. Les intervenants et la déclaration ont souligné que les communautés doivent rester au cœur de la mise en œuvre et de la gouvernance.
« Dans le contexte politique actuel, cette déclaration politique est une grande victoire. Les communautés ont lutté pour chaque avancée dans la réponse au VIH, rien ne nous a été offert. Cette déclaration montre que l'engagement à mettre fin au SIDA reste fort, et les communautés continueront à se battre jusqu'à ce que le SIDA soit éradiqué en tant que menace pour la santé publique », a déclaré Florence Anam, Directrice exécutive de GNP+. Les délégués ont souligné le rôle continu des Nations Unies et l'importance de renforcer la coordination multipartite unique du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA).
« Les gouvernements du monde, soutenus par les communautés, se sont réunis et ont affirmé que le multilatéralisme est vivant et bien portant. Une majorité de pays ont adopté une déclaration solide qui fixe des objectifs ambitieux pour que le monde s'élance vers l'objectif 2030 de mettre fin au SIDA en tant que menace pour la santé publique. Ils ont tenu la promesse faite il y a 25 ans », a déclaré Winnie Byanyima.
Documents
Point 5 à l'ordre du jour: Déclaration du Représentant de l’association du personnel du secrétariat de l'ONUSIDA
30 juin 2026
Feature Story
Le réseau ouest-africain de jeunes vivant avec le VIH se heurte à d'importants obstacles
22 juin 2026
22 juin 2026 22 juin 2026Il y a trois ans, Adjovi Husunukpe a cofondé le Réseau des jeunes séropositifs d'Afrique de l'Ouest et du Centre (RAJ+AOC) afin de tisser des liens avec ses pairs et de renforcer le plaidoyer porté par les jeunes dans la lutte contre le VIH. « Nous voulions être entendus, au niveau national et international, d'une seule voix », a-t-elle déclaré.
Ce réseau, reconnu pour la qualité de sa sensibilisation communautaire et de son orientation vers les soins, compte aujourd'hui près de 500 membres dans 14 pays, mais se trouve confronté à de récents obstacles.
« Nous sommes tous bénévoles et vivons dans une situation financière précaire, ce qui rend difficile de toute projection en tant qu'individus et en tant qu'organisation », a confié Mme Husunukpe, originaire du Togo.
L'année 2025 a été marquée par une forte baisse des financements, qui a particulièrement touché les organisations à base communautaire. Pour RAJ+AOC, cela a eu plusieurs conséquences. Le réseau doit désormais rivaliser avec d'autres organisations non gouvernementales (ONG) pour obtenir un soutien financier, sans pour autant être traité sur le même pied d'égalité.
« On nous répète sans cesse que nous manquons de légitimité parce que nous sommes jeunes, ce qui est injuste et faux », a-t-elle dit.
À cela s'ajoute, selon elle, la quasi-disparition des programmes de prévention du VIH et des initiatives spécialement conçues pour les jeunes, pourtant acquises de haute lutte. Le rapport mondial sur le sida de juin 2025 de l'ONUSIDA indique que les organisations à base communautaire sont souvent les dernières à bénéficier des ressources nationales et ont donc été parmi les premières à subir les effets des coupes dans les financements internationaux de 2025.
Ses inquiétudes sont également alimentées par la perte du soutien technique de l'ONUSIDA, dont les bureaux nationaux fusionnent dans la région.
« On nous répète sans cesse que nous représentons 60 % de la population du continent africain, mais notre pérennité est en jeu », a déclaré Mme Husunukpe.
Née avec le VIH et ayant perdu ses parents à un jeune âge, cette jeune femme de 27 ans affirme que le vécu personnel devrait être reconnu comme une forme d'expertise. Elle et d'autres jeunes leaders appellent à une intégration réelle des organisations dirigées par des jeunes dans les espaces de politique de santé et de prise de décision.
« On nous invite à prendre la parole, mais on nous inclut rarement dans l’identification des recommandations et dans la prise de décisions », a déclaré cette étudiante en sociologie. « Permettez-nous de co-diriger des initiatives qui répondent à nos besoins réels. »
Ange-Valérie Meralli-Ballou, conseillère régionale de l'ONUSIDA en matière de VIH et de santé publique, basée à Dakar, souligne que les données sont sans appel. En 2025, 160 000 adolescentes et jeunes femmes ont contracté le VIH en Afrique subsaharienne. Par ailleurs, 35 % de l'ensemble des infections à VIH chez l'enfant surviennent désormais en Afrique occidentale et centrale. La plupart de ces infections sont attribuables à un accès limité aux services intégrés de santé sexuelle et reproductive pour les jeunes et les femmes enceintes. « Nous ne pouvons pas continuer à exclure la majorité de la population et espérer des résultats », a-t-elle déclaré.
Selon la Conseillère Régionale, les organisations dirigées par des jeunes sont non seulement volontaires, mais aussi structurellement en mesure de s'intégrer aux systèmes de santé, à condition de disposer des moyens financiers et des pouvoirs décisionnels nécessaires.
La Stratégie mondiale sur le sida 2026-2031 appelle à promouvoir la création et l'intégration de centres de santé communautaires, gérés par des acteurs locaux et des organisations communautaires dans la région. Elle encourage également fortement les pays à mener des campagnes de communication utilisant les réseaux sociaux pour sensibiliser au VIH.
A propos de l’implication des jeunes, Mme Meralli-Ballou a conclu : « Cette stratégie est un outil politique — une feuille de route, si vous préférez — alors utilisons-la pour mobiliser des ressources, maintenir l'engagement et le pouvoir d'agir des jeunes, et construire cet avenir dès maintenant. »
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